

LA NUIT DU CHASSEUR
(Charles Laughton – 1955)


Ce film reste pour moi un chef d’œuvre inclassable.
Lors de la grande dépression américaine, un pasteur pourchasse deux enfants po
ur retrouver l’argent volé par leur père...
C’est la mise en scène et l’atmosphère fantasmagorique qui donne au film cette beauté visuelle incroyable. La poésie des images et la lumière travaillée au millimètre prêt me rappellent beaucoup le travail de Fritz Lang. La descente de la rivière en barque dans une nuit irréelle reste une scène mémorable.
Et ne pas oublier Robert Mitchum dans son rôle de croquemitaine. Sa silhouette inquiétante et sa petite berceuse hantent le récit du début à la fin.
Il est à noter que c’est le seul et unique film de Charles Laughton, qui était plutôt acteur. On l’a vu par exemple dans « Les Révoltés du Bounty », version 1935.
Un grand film donc, un conte de fée sombre qui joue avec la lumière, entre rêve et cauchemar…

LE SEPTIEME VOYAGE DE SINDBAD
(Nathan Juran – 1958)


Voici un des films qui m’ont fait aimer le cinéma. Aujourd’hui il peut paraître vieillot avec des effets spéciaux d’un autre âge. Mais quand on voit enfant un film avec des monstres imaginaires comme un
dragon, un cyclope…on ne peut qu’être émerveillé par la magie du cinéma. En tous cas moi oui.
Ray Harryhausen fût le maître des effets spéciaux de l’époque. Il a crée de nombreuses méthodes encore utilisées aujourd’hui. Et l’animation image par image garde une certaine poésie oubliée par les effets numériques actuels. Je me souviens des squelettes de « Jason et les Argonautes » ou du bestiaire impressionnant du « Choc des Titans »…
Nathan Juran a réalisé aussi un autre film qui m’avait marqué à l’époque, « Jack, Tueur de Géants ». Evidemment, la comparaison avec les films d’aujourd’hui est difficile…
FREAKS
(Tod Browning – 1932)


Hans le liliputien fait partie, avec sa fiancée Frieda, des "monstres" qui s'exhibent dans un cirque. Attirés par la fortune du petit homme, la belle Cléopâtre et son amant Hercule mettent au point un plan machiavélique. Mais il ne faut pas sous-estimer la communauté des "Freaks"...
Une fable sur la tolérance qui avait défrayé la chronique car le film mettait en scène de véritables "monstres". Aujourd'hui on comprend le message mais à l'époque les spectateurs y voyaient plus un film d'horreur terrifiant.
Malgré les années, ce film reste le chef d'oeuvre de Browning et de son univers étrange. Le final sous l'orage est d'une efficacité incroyable, même aujourd'hui.
SOLEIL VERT
(Richard Fleischer – 1973)


Dans un futur proche, la pollution et la surpopulation ont fait de notre planète un enfer. Les ressources étant épuisées, les gens se nourrissent de soleil vert,
une nourriture synthétique à base de plancton. Un détective enquêtant sur un meurtre va alors découvrir un terrible secret.
La force principale du film est cette description terrifiante de notre futur. La canicule, l’atmosphère étouffante, les gens dormant dans les rues et se nourrissant de plaquettes synthétiques, une minorité privilégiée retranchée dans des immeubles surprotégés…et ce final terrible qui semble nous mettre en garde.
Bien que tourné dans les années 70, ce film reste plus que jamais d'actualité. Un film d'anticipation vraiment instructif qui fait réfléchir et qui, justement, devrait nous pousser à "anticiper".