

HEAT
(Michael Mann – 1996)

Le renouveau du polar, froid, sans concession. Et surtout le duel au sommet entre Al Pacino et Robert De Niro.
Michael Mann réussi grâce à une esthétique très soignée et un casting prestigieux, à transformer un scénario conventionnel en tragédie grecque. Ici pas d’humour ou de blagues déplacées, les coups de feu détonnent, les personnages sont implacables.
La photographie sublime nous montre un Los Angeles nocturne envoûtant, marque de fabrique de Michael Mann. Il fera encore mieux un peu plus tard avec « Collateral » en filmant la nuit en haute définition.
La musique hypnotique et les plans contemplatifs renforcent cette tension que l’on peut ressentir tout le long du film, jusqu’à un final inéluctable.
Un réalisateur à part qui reste l'un de mes préférés. Son dernier film, "Miami Vice", ne fait que confirmer son talent dans le genre.
DEAD MAN
(Jim Jarmusch – 1996)


Encore un film que je ne me lasse pas de revoir.
William Black arrive dans un village perdu de l’Ouest sauvage. Complètement déboussolé, sans le travail qu’on lui avait pourtant promis, il va être accusé de meurtre, point de départ d'un voyage étrange. Poursuivi par des chasseurs de primes, il va traverser un monde sauvage et mysterieux. Un indien qui se fait appeler « Nobody « (au fait, à voir en VO, que je conseille largement à la VF) le guidera jusqu'au bout de son périple.
Cette réflexion sur la mort hypnotise dès le début, avec ce voyage en train qui semble interminable. Plus on s’éloigne de la civilisation, plus les gens deviennent différents et sauvages. Le personnage va perdre ses repères et errer pendant tout le film dans ce monde inconnu. La musique lancinante de Neil Young nous entraîne avec le héros dans ce voyage poétique.
William Black, bien que déjà mort, semble pourtant prendre vie tout au long de l'histoire et devient le bras vengeur de Nobody en éliminant tous ces « hommes blancs stupides » tueurs d’indiens. J’aime beaucoup ce parti pris des indiens.
Un film sublime, un noir et blanc très esthétique, pas d’esbroufes ou de gun-fights démesurés. Bref, un film magnifique et envoûtant.
VORACE
(Antonia Bird – 1999)


Voici un film qui, par son titre, pourrait se faire passer pour un film d’horreur bien saignant. Comme quoi il faut toujours se méfier des apparences au cinéma...
Envoyé dans une garnison perdue dans les montagnes, un officier, héros encombrant de la guerre contre le Mexique, se retrouve avec des hommes fuyant leurs problèmes. Tout ce petit monde va croiser le chemin d’un personnage mystérieux victime d’après-lui d’un cannibale.
Nous sommes ici loin de l’imagerie habituelle de ce type d’histoire. Bien que ce film soit quelque peu inclassable, ce n’est pas un film d’horreur (bon…un peu). C’est un mélange de western, fantastique, comédie (noire). La galerie de personnages est haute en couleurs, y compris les personnages secondaires. La musique participe grandement à cette atmosphère décalée, entre accents folkloriques et rythmes inquiétants.
Un film sortant donc des sentiers battus, qui mérite grandement d’être considéré comme autre chose qu’un énième film de cannibale. Il s’agit plus d’une métaphore sur le besoin de puissance de l’être humain (« manger ou être mangé ») et les excès que cela implique. Et ceci grâce à une mise en scène vraiment maîtrisée. Bon appétit !
LA SECTE SANS NOM
(Jaume Balaguero – 1999)


Cinq ans après le meurtre de sa fille, une femme reçoit un appel téléphonique : la voix d'une petite fille l’appelle à l’aide…sa fille.
Etouffant par une tension continue sans temps morts, l’évocation d’un mal absolu n’a jamais été aussi bien retranscrit. Avec Alejandro Amenabar et Guillermo Del Toro, Balaguero est le troisième homme de la nouvelle vague espagnol du fantastique (même si Del Toro est plutôt Mexicain...). « Darkness » qu’il réalisa par la suite, n’a fait que confirmer son talent pour nous faire peur.
Argento et De Palma ne sont pas loin, et les amateurs de terreur pure, sans concessions, seront ravis. Donc pas pour tout le monde…