

J’avais cette histoire en tête depuis longtemps.
Mais je voulais d’abord apprendre quelques bases avant de me lancer dans l’aventure.
Toujours grâce à Internet, j’ai essayé d’apprendre à utiliser une vraie caméra pour laisser tomber définitivement le mode automatique. Prendre du recul pour diminuer la profondeur de champ, soigner la prise de son, passer au progressif…Toutes ces petites choses qui font s’éloigner de plus en plus de l’image vidéo pour se rapprocher du rendu cinéma.
Bien sûr c’est encore loin d’être parfait, certains plans en mouvement tremblent un peu, et la lumière n’est pas optimisée. A ce propos, tourner en lumière naturelle est très contraignant, car celle-ci change pendant la journée. Quand on filme les scènes dans le désordre, c’est un vrai casse-tête de rester cohérent avec les ombres et les intensités lumineuses…
Nous avions donc deux jours pour tourner environ 90% du film. Autant dire qu’une bonne préparation était indispensable. J’ai modifié le story-board de nombreuses fois avant d’arriver à quelque chose d’homogène. Puis pour la première fois je suis passé par le plan de tournage, étape obligatoire pour ce genre de projet. Après avoir trouvé les acteurs, repéré les lieux, listé le matériel…l’aventure pouvait commencer.
La première difficulté a été de trouver un week-end où tout le monde était disponible, et ça n’a pas été facile. Pourtant nous n’étions pas nombreux, mais lorsque l’on demande aux gens de participer à un tel projet bénévolement, il est difficile d’imposer des dates. Par contre il me fallait absolument des gens très motivés… mes tournages sont souvent extrêmes. Cette fois il fallait monter à 2000 mètres d’altitude avec tout le matériel, tourner les scènes dans le désordre sans perdre trop de temps, dormir (un bien grand mot…) dans un refuge peu confortable, se lever aux aurores, et enfin redescendre bien après l’heure prévue.
Heureusement bien m’en a pris de proposer à Charles le rôle de cuisinier/homme à tout faire (et qui à aussi pris les photos du tournage). Gérer les randonneurs un peu trop curieux et préparer les repas m’a évité de penser à ces problèmes.
Léonard au steadycam et à la prise de son a aussi été salutaire pour me concentrer sur mon histoire et ne pas perdre le fil. Car évidemment, nous avons pris beaucoup de retard dès le premier jour. J’ai donc du refaire à chaud mon plan de tournage, ceci pour rattraper le temps perdu, mais aussi pour regrouper les scènes se passant près du refuge le matin, lorsque les randonneurs étaient moins nombreux.
Quel luxe aussi d'avoir eu cette fois-ci des acteurs de théâtre. Je salue le travail d'Olivier, Caroline et Hervé qui ont su s'adapter aux changements de plan de tournage et à mes indications approximatives duent à mon manque d'expèrience. J'espère ne pas les avoir trop fais souffrir...
Je peux donc dire que pour moi ce tournage a été le plus stressant de ma (courte) carrière, même si pour une fois je n’étais plus tout seul. Mais j’ai encore voulu gérer trop de choses, tout en sachant que c’était ma première vraie « direction d’acteur ». Pas facile de faire face à la fatigue, la mienne et celle de mes acteurs, après 2 jours de tournage intense. C’est à ce moment-là qu’il faut faire attention de ne pas bâcler les dernières scènes.
Pour le prochain tournage, il me faut donc au moins deux autres personnes à mon avis indispensables : un chef opérateur, essentiellement pour la lumière (mais pourquoi avons-nous oublié ce réflecteur !!) ; et un script, pour éviter les problèmes de raccord et autres incohérences facilement oubliées pendant le tournage. Donc avis aux amateurs…
La post-production n'a pas non plus été de tout repos. Je me suis mis à l'étalonnage avec plus ou moins de succès, et la partie effets spéciaux n'a pas été facile. Mais j'y reviens un peu plus en détail sur cette page. La musique et l'etalonnage son ont été fait par Vincent Routhier et Mathieu Robineau qui sont au Québec. Les échanges se sont donc fait par mail. Je salus ici leur travail qui apporte énormément au film.
Tout ça pour dire que faire un film n’est pas une partie de plaisir, et que je me demande parfois pourquoi je me lance dans ce genre d’aventure… Peut-être parce que la satisfaction de « créer » quelque chose et d’aller au bout de son projet, mais aussi de voir un public réagir à cette création, en bien ou en mal, reste une expérience que je souhaite à chacun d’entre vous.
Maintenant place au film, pour ceux qui ont eu le courage de lire ces quelques lignes auparavant .
Les photos du tournage sont disponibles ici.
Et pour ceux qui ont du mal à lire la vidéo ci-dessous, vous pouvez la télécharger en format wmv version 9 (clic droit, "Enregistrer la cible sous"). Le film est également visible sur le site de Mouviz.
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